23 Mars 2008.
_Un an que j'ai commencé ce blog.
Un an et deux jours que j'ai cru voir tout s'écrouler autour de moi. Je pense que je m'en souviendrais toute ma vie. C'était un mercredi. Je me revois, dans ce lit d'hôpital. J'avais ma perf', les cheveux dans les yeux, et ces trois mots en tête. « Maladie de Crohn ». Entendus trois heures auparavant quand je commençai à émerger en sortant du bloc. Enfin, j'avais p'tetre mal entendu. J'essayais de m'en convaincre, mais je n'y arrivais pas, et les larmes coulaient en silence sur mes joues. Je m'en voulais. Je pleurais sans pouvoir m'arrêter « juste » pour ça, alors qu'à côté, des gamins de huit ans faisaient leurs chimio. Et puis, elle est arrivée. Dans sa blouse blanche. Avec un gros dossier, et des résultats à la main. Après un moment de blabla, elle a enfin lâché ces trois mots que je redoutais tant. Ca a un peu eu l'effet d'une bombe (sans aucune référence à aucunes phrases cultes ;)). C'était comme si tout se brouillait autour de moi. Comme si les murs s'écroulaient tout d'un coup. J'essuyai mes yeux baignés de larmes, mais je n'arrivait pas à les arrêter. Je m'en voulai encore plus. Je regardai ailleurs en essayant de l'écouter tenter de me rassurer. Mais c'est comme si ça ne m'atteignait pas. J'étais malade. C'était peut-être pas de forme lourde. Mais j'étais malade quand même. A vie. Les petits sachets de médicaments, c'était jusqu'à la fin de mes jours matin et soir. Et puis après, ça a été le défilé. L'infirmière, qui prenait tension et température toutes les heures. La diététicienne, qui venait me dire que les fruits, les légumes, les laitages et tout ce qui était un peu gras, donc tout ce qui était bon, c'était terminé pour six mois. Encore l'infirmière pour que je prenne mes médicaments. Et encore une autre pour faire un bilan sanguin. Ils ne voulaient pas me laisser tranquille. Ils étaient tous là avec leurs visages rassurants, et leur petites phrases gentilles. Ils ne comprenaient pas que je m'en fichais. Je voulais juste rester toute seule. Quand j'suis rentrée à la maison, j'me suis enfouie sous ma couette. Pendant un jour et demi. Et puis j'ai réalisé. Que je ne pouvais rien y faire. J'ai allumé mon ordinateur, et j'ai décidé de raconter tout ça sur Internet, histoire de me soulager. Mais je ne l'ai pas fait. Peut-être parce que je n'étais pas prête à raconter tout ce que j'avais vécu, et tout bêtement à assumer ce qui venait de m'arriver. Mais j'ai quand même créé un blog, pour raconter ma "deuxième" vie qui commençait. Bizarre comme réaction. Mais bon, c'est là que j'ai commencé.
_Un an que j'ai commencé ce blog.
C'est bizarre, parce qu'on peut voir un peu l'évolution d'une vie en un an ; mais j'crois pas qu'un simple enchaînement d'articles peut exprimer tout ce qu'on peut vivre en une année entière, les changements qu'il peut se produire.
Quand je relis les articles du début, j'me demande comment j'ai fait pour les écrire. Même si je pense les avoir écrits sincèrement. Ce qui est le plus triste d'ailleurs. Il suffit de voir le nombre d'articles où il est écrit We'll all be friends for ever. Cette phrase est même écrite sur mon mur. Elles peuvent en penser ce qu'elles veulent, à la base c'était pour elles. Mais bon, maintenant, ce mur il est moche. Le plus joli, c'est celui où il y a marqué Forever Young, et où il y a toutes nos photos. Celles sur la Bonette, celles chez Laurie, celles des soirées 1ere9, celles des vendredis à Versailles City... La plupart de ces photos sont de cette année en fait. Y'a cinq exceptions, que j'ai laissé. Deux photos du trio des 4, la photo de classe de troisième, et la photo de St Quentin au début de l'année. La dernière, c'est la chicha de Lucie, parce que je trouvais ma photo stylée ;). Je les aies laissés, pour une raison très simple. La troisième était une année géniale, et je le pense toujours. Et la photo du début de l'année à St Quentin, tout bêtement parce que j'ai commencé ce mur fin novembre, et qu'à cette époque, je pensais naïvement qu'on pouvait arranger les choses. Mais bon, arranger les choses avec des personnes qui ne cherchent pas vraiment à le faire, et qui vous reprochent les choses uniquement par l'intermédiaire de commentaires et d'articles sur le net, c'est difficilement faisable. Et puis, quand vous voyez le contraste entre ces personnes là qui se plaignent quand vous n'êtes pas là, mais qui n'en n'ont strictement rien à faire quand vous êtes avec elles, et d'autres personnes avec qui vous riez systématiquement, et à qui vous savez que vous pouvez tout raconter, parce que vous savez que vous êtes écoutés, le choix n'est pas très difficile. Et je ne le regrette vraiment pas. Y'a moins d'histoires. Du moins, moins d'histoires de merde comme l'année dernière. Là, on redoute pas de croiser une vieille meuf' qui viendrait au bahut régler ses comptes, mais plutôt de croiser la prof de Bio à la fin du cours qu'on vient de sécher, prétextant qu'on avait un oral (notre dernière oeuvre avec Laurie ;)).
A lala, y'a un an si on m'avait dit que j'trainerais plus avec le groupe ; que j'retrouverais Amélie ; que j'verrais Clärli à l'occasion des 18 ans de ma soeur, que j'referais une photo avec Amélie ET Clärli ; que j'retrouverais Laura et Julia, et que j'irais les voir en Italie, et pas à New-York ; que j'm'entendrais aussi bien avec ma soeur, et que j'ferais même des soirées avec elle ; que mes soeurs me manqueraient toute la semaine, que Symon fumerait, que je m'y mettrais, et que ma mère me grillerait, et tenterait de m'engueler en se marrant, j'l'aurais pas cru. Si on m'avait dit que j'aurais une classe aussi cooouule que la 1ere9, j'l'aurais pas cru non plus. Certaines pensaient qu'on resterait que tous les deux avec Symon, et j'suis contente que ça soit pas le cas. Ouais, on est pas insociables, c'est juste que maintenant, on a trop de potes XD (Symon).
_Un an que j'raconte ma vie.
Un an qu'on sait que j'suis malade. Et seulement quelques mois que je m'y suis habituée. Aujourd'hui, j'suis guérie. Enfin, j'me considère pas comme malade plutôt. Quand on m'demande, j'ai juste une petite anémie. Que j'suis en train d'empirer avec le train de vie que j'mène comme dit maman. C'est vrai que quand on a un problème d'absorption des nutriments, nos soirées de débauchés n'arrangent rien. Les pauses clopes au lycée non plus d'ailleurs. Mais j'me reprend en main. Les cuites comme pendant les vacances, c'est terminé. Les pauses clopes au bahut aussi. En plus, faut que j'respecte l'engagement qu'on a fait avec Kevin le jeudi où on a séché le sport avec Nad' et Symon : Plus de cigarettes, sauf en soirée, et si on peut vraiment pas se retenir, une maxi par jour au lycée. Histoire que j'arrête d'aggraver mon cas tu vois.
Et pour revenir à la comparaison présent / il-y-a-un-an, y'a une différence majeure, c'est que j'me sens entourée, et que je sais que si j'en avais envie, j'pourrais en parler. Et c'est pour ça que j'm'arrête là. J'ai pas besoin de disserter sur ma vie par l'intermédiaire d'un blog, les MacDo Potin et les jeudi soir / vendredis aprem' avec Nad', les convers' MSN avec Laurie et les soirées avec Symon sont là pour ça. (L)
Je continue quand même Eutopiie histoire de poster quelques photos. Parce que j'aime bien garder des chouettes souvenirs de nos soirées, de nos aprem' et de nos journées passées ensembles.
J'laisse ce dernier articles pour continuer à converser avec certaines personnes par l'intermédiaire de commentaires ;).
Vous pensez p'tetre que j'me suis barrée en couille en racontant tout ça, mais non, c'est tout à fait voulu ;-). Ca fait un bien fou d'avoir écrit cet article.
N'oublie pas que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort...
Photo : Parfois, je regrette cette époque, où personne se souciait de qui fumait et quoi, qui buvait, et qui couchait avec qui... Miss U' (L)